Suite au projet de fusion de la Communauté de communes de la CCIN avec la CAMSA, l'ancien Maire de Sausheim réagit.
Ci-dessous un communiqué qui devrait paraître dans la presse locale :
Depuis très longtemps se joue entre la ville de Mulhouse (à présent élargie à la Camsa) et Sausheim (à présent intégrée à la Communauté des communes de l'Ile-Napoléon) une partie de
pocker-menteur dont le seul enjeu réel est l'appropriation par la ville centre des ressources fiscales générées par l'usine Peugeot et les grandes entreprises de sa périphérie.
Avant le fameux "club des 22",(dernier avatar de cette dispute qui remonte à Emile Muller et Eugène Bader, les regrettés maires de Mulhouse et de Sausheim), Joseph Klifa et moi-même étions
engagés,(au-delà de nos relations amicales), dans un bras de fer. Il avait conduit à un consensus sur le partage des ressources, à travers le Sivom de l'agglomération mulhousienne.
Sensiblement modifié par mes successeurs à la mairie et à la Com-Com en faveur de la ville, cet accord dure aujourd'hui encore.
Depuis 20 ans, l'actuel maire de Mulhouse, M. Bockel, cherchait la clé de son problème, problème de plus en plus lancinant puisqu'il ne cessait d'endetter encore plus la ville-centre.
La solution semblait avoir été trouvée : l 'agglomération. Et celle-ci devait aussi englober les communes de la bande rhénane qui tirent des ressources importantes de leurs puissantes zones
industrielles...
La CAMSA fut créée sur d'impressionnantes promesses de manne financière de l'Etat pour les communes membres.
Réalistes et (heureusement) sourds aux chants des sirènes, les élus de la Com-Com d'Ile-Napoléon et de celle de la bande rhénane, Porte de France-Rhin Sud, ne tombèrent pas dans le
piège. Et ce d'autant moins qu'un simple calcul arithmétique démontrait (et le démontre toujours) que l'entrée de leurs communes dans l'agglomération entraînerait des conséquences très
préjudiciables pour les contribuables comme pour les entreprises. Elle provoquerait en particulier à une telle augmentation de la taxe professionnelle, que le site de
Sausheim-Rixheim de Peugeot ne serait plus, le plus avantageux du groupe Peugeot-Citroen. Il l 'est actuellement encore, grâce -c'est la réalité- à la grande prudence fiscale de
Sausheim et de la Com-Com de l'Ile-Napoléon qui avaient, sous ma présidence, introduit une TP unifiée et modérée.
En grande souffrance financière, la CAMSA a pris le relais, et s'est mise en quête du "pactole". Avec brutalité d'abord, se fondant sur l'autorité des préfets successifs. Ceux-ci refusèrent sur
pression du sénateur-maire de Mulhouse la fusion des communautés de communes de l'Ile-Napoléon et celle de Porte de France-Rhin Sud. Insuffisant !
Il fallait un cheval de Troie : le maire de Brunstatt, également président de la Com-Com des Collines, prit la bride, et le maire d'Illzach, dans un esprit de conciliation qui ne peut que
l'honorer en accepta la présidence, mais avec l'idée évidente de tirer son épingle du jeu lors de la re-distribution : Illzach dispose en effet de ressources fiscales considérables et
M.Eckenspieller a toujours su les protéger de façon efficace.
L'adhésion positive de Pfastatt me semble singulière. Cette ville est certes isolée au milieu de la Camsa, mais son maire est député de tout le secteur du refus : étonnant donc !
Quant à Rixheim, jusqu'ici un des plus grands bénéficiaires des investissements de la Com-Com de l'Ile-Napoléon, son maire a peut-être l'excuse de la jeunesse et a peut-être loupé une partie de
l'histoire : incompréhensible !
N'en déplaise aux rêveurs, aux poètes, aux moralisateurs de tous bords, c'est d'argent, de beaucoup d'argent qu'il s'agit : s'il faut vraiment une "grande agglo", elle peut se faire en conservant
intégralement les collectivités qui la composent, et en dessinant une politique globale à laquelle elles pourraient participer "à la carte" et apprendre, dans le respect mutuel à travailler
ensemble.
Mais certainement pas au travers d'une espèce de "hold-up du siècle" qui pénaliserait autant Peugeot que les autres entreprises sans compter la perte d'autorité et de pouvoir de
décision des communes et de leurs organisations actuelles.
Le "club des 22" ne pouvait que se fracasser sur ces réalités, mais la CAMSA, elle, ne peut se résoudre à attendre : elle a depuis des années, vigoureusement dépensé l'argent qu'elle n'avait pas
et se trouve aujourd'hui, comme le Sitram, devant une véritable impasse financière.
Le feuilleton n'est pas terminé, MM Spiegel et Bockel ont encore un atout-maître : l'Etat. En effet, quel préfet osera résister aux sirènes ministérielles ?
L'automne risque d'être dur, et si je devais donner un conseil aux deux présidents des communautés de communes, ce serait celui de dresser très vite la liste exhaustive de tous les
travaux et projets encore à réaliser sur leurs territoires et de s'endetter au maximum : si l'Etat imposait son pouvoir, c'est la Camsa qui devrait payer les annuités des emprunts !
Mais on n'en est pas là. Il faut serrer les rangs et s'attendre à de nouveaux pièges, à de nouveaux "médiateurs" de tous bords, à de nouveaux serments, à de nouvelles promesses de postes
prestigieux pour ceux qui ... Et résister à tout prix.
Jean-Jacques WEBER